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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 18:57

Je me suis rendue il y a 3 jours à la place El Kasba où la caravane de la Liberté (ou la caravane de la dignité comme certains l’appellent) campait exigeant la démission du gouvernement Ghanouchi.

Je vais parler de ce que j’ai vu dans la rue dans mon chemin et vers et dans la Kasba.

Il n’y a pas eu beaucoup du monde dans les rues. Les gens sont encore effrayés d’affronter les chemins menant vers la capitale.

A l’avenue Habib Bourguiba, les cafés étaient ouverts. Un nombre très réduit y était accueilli. J’ai remarqué parmi ces gens des visages qui m’ont été familiers. Des journaux à la main ou des discussions  sérieuses, tout le monde parlait politique. Les sujets qui avant étaient tabous aujourd’hui on peut aborder sans aucuns soucis.

J’ai remarqué aussi la présence de l’armée. Un nombre très important. Ça était et rassurant et gênant. Rassurant parce qu’on sait tous pour quoi mais gênant parce que je suis comme tout le monde pas habituée à ce genre de situation ni à voir circuler dans les rues des blindés ou des chars de combats comme circuler des voitures. Ils y avaient quelques personnes qui par curiosité se sont approchés de ces véhicules pour les prendre en photos. On les a pas empêché. Au contraire les militaires ont montré une bienfaisance et une compréhension que j’admirerai à jamais. L’endroit qui a été le plus sécurisé c’était le siège du ministère de l’intérieure  (lieu où les événements du 14 Janvier ont eu lieu). J’ai senti un peux vexée par la présence de tout ce nombre des agents de police mais c’est normal dans telle période.

J’ai pris ensuite le chemin vers la Kasba passant par Beb Bhar ensuite par les ruelles des Soukes. Les magasins étaient presque fermés à part quelques commerçants désespérés qui ont pris la peine d’ouvrir leurs portes avec une intention de fermer les portes à tout moment. Personne ne s’arrête. Tout le monde marchait à pas de géant.

Je suis arrivée au Souk de Chacheya. J’ai tourné à droite vers la Kasba. Il y avait là un café au coin. J’ai y rencontré des garçons qui mettaient de Kachebeya (un habit traditionnel que les hommes mettaient autrefois en hivers) Pour se couvrir du froid et des foulards pour se couvrir la tête. Ce que j’ai admiré le plus c’est de les voir porter les drapeaux du pays en mains et sur les épaules. Il était clair que ces gens ne sont point de Tunis. J’ai eu la possibilité d’aller deux fois au sud et je connais bien les caractères des gens du sud.

Je ne suis pas très bonne en la description physique des gens. Néanmoins, je peux dire qu’ils sont des gens d’un caractère dur qui portent de l’espoir et de l’envie. Ils sont venus du sud et partout dans le pays avec un seul souci : abattre le gouvernement Ghanouchi.

Il y avait des hommes et des femmes de touts les âges. Ils étaient en 2 groupes. Un groupe qui s’exprimait en chant sous la fenêtre de Ghanouchi et un autre groupe qui se manifeste dans la rue d’el Kasba. Ces derniers ont été ont essayé de franchir les lignes de la police qui les empêchaient d’aller devant le tribunal de première instance de Tunis. Il n’y avait pas de chance. La police lançait tout le temps des bombes lacrymogènes ce qui a causé la dispersion et la panique des gens. J’ai même vu quelqu’un emporté par des gens qui dans un état critique. Moi aussi j’ai malgré j’étais un peu distancé de cette foule mais j’ai failli suffoquer à cause du gaz polluant l’air. Mes yeux et ma gorge brulaient d’une manière insupportable. De temps en temps, la police avance en essayant d’effrayer la foule et les faire disperser mais ils ont échoue. La foule qui se dissipe pendant quelques secondes se regroupe vitement.

Il y avait une femme qui tenait une pancarte d’une photo d’un bébé qui certainement n’a pas encore dépassé 1 an. Le bébé a étouffé à cause du gaz lacrymogène. Une jeune femme mais son mal était grand. Une perte que personne ni aucun pris ne peux remplacer. Silencieuse mais la photo peut bien tout dire.

(à suivre certainement) 

Par yoora - Publié dans : réalité - Communauté : Là où je vis, là d'où je viens...
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 22:35

 

 

Avant le 14 Janvier, on comprend tout mais on se tait. Après le 14 Janvier, on ne comprend rien mais on parle quand même.

 

Voilà une phrase qui résume bien la situation actuelle des tunisiens ces jours-ci.

Avant la chute du régime ZABA, tout le monde était presque réuni autour d’une seule idée : Se débarrasser du régime du dictateur ZABA. Ce qui veut dire à ce temps là, déraciner Ben Ali, le clan Trabelsi (sa femme et toute sa famille) et ses alliés (le RCD)

Aujourd’hui, ZABA, n’est plus ici, ni sa femme et on a entendu parler à travers les médias que quelques membres de sa famille Trabelsi ont été arrêtés sans que rien n’est prouvé, ne de charges à leur encontre ont été prononcés, mais on manifeste quand même et on discute dans touts les sens.

Depuis 3 jours des centaines des jeunes issus des milieux « marginaux » et « ignorés » (c’est ce qu’ils prétendent ces manifestants) sont arrivés à la Kasbah où ils campent depuis déjà 3 nuits sous les fenêtres de Ghanouchi demandant la démission du gouvernement mis en place.

On prétend que le gouvernement actuel ne reflète pas la volonté du peuple, n’est pas à la hauteur de ses ambitions et ne fait que refléter le système gouvernemental de ZABA sans ZABA.

Ah, sachant que ces gens ne présentent pas de « remplaçant » ???

D’un autre coté, il y a ceux qui appellent à l’arrêt des manifestations et la concentration sur le développement économique du pays qui s’est sérieusement endommagé à cause des manifestations et ce depuis la révolution.

Ces derniers, sont eux qui ont chassé ZABA le 14 Janvier et ont demandé la poursuite légale du clan ZABA et qu’ils n’accepteront jamais une personne du RCD au gouvernement. Mais l'RCD existe encore dans cette gouvernement et on supporte Ghanouchi quand même.

Je ne vais pas dire qui a raison et qui a tort mais simplement « BHEMA DEGAGE »

Par yoora - Publié dans : réalité - Communauté : Là où je vis, là d'où je viens...
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 14:12

 

 

J’écris aujourd’hui, ce n’est pas parce que j’essaye de me trouver les motifs mais parce que je suis un exemple de beaucoup des tunisiens et dans ce pays et en dehors de ce pays. Mais la différence entre moi et eux est que je suis à l’encontre de ces gens là j’ai au moins le courage de pouvoir avouer ma faute : mon ignorance.

Un mois en arrière, j’ai été totalement dépassée par les événements qui se passent dans mon pays. Ce n’est pas par manque du civisme ou d’humanité mais tout simplement parce que j’étais dans une période de révision et des examens.

Je ne suis pas du genre à me coller tout le temps devant la télé et la seule et unique source de savoir c’est l’internet auquel j’ai choisi de m’éloigner aussi un mois avant ces évènements.

Vous me dites peut-être est-ce vraiment une raison ?

Non je suis bête et j’ai tort. Oui j’avoue. Ce n’est pas une raison.

Comment, j’ai pu vivre isolée du monde ?

Tout simplement parce que j’étais ignorante et le monde dans lequel j’ai vécu se réduit à mes études.

Une autre raison : Comme la plus part des tunisiens je n’ai jamais cru voir venir le jour où on se débarrasserait de ZABA.

ZBA, était ici avant même ma naissance et je l’ai toujours cru une partie intégrante du pays. J’ai vécu dans la même maison, je vois toujours et depuis plus de 20 ans les mêmes têtes, J’entends le même discourt, le même pays et le même chef d’Etat.

Je n’ai jamais intégré un parti politique ou un syndicat et tout ce qui m’intéressait c’est le travail humanitaire.

C’est vrai qu’une grande partie a été la faute de mon éducation enfantine et la société dans laquelle j’ai grandi mais je suis moi-même fautive : par mon ignorance.

J’ai fermé la gueule et j’ai gardé mon putain coin silencieuse. Je n’étais non plus contente et c’est pour quoi j’ai commencé il y a 2 ans ou plus à penser à quitter le pays et aller voir ailleurs.

Parce que dans mon pays, il n’y était pas lieu de rêver ou d’essayer de travailler pour améliorer. Une seule pensée au quelle j’ai toujours cru et aujourd’hui ma croyance a augmenté : Certainement mes enfants ne vont pas grandir de la même façon dans laquelle j’ai vécu depuis 20 ans déjà : dans la merde.

Je suis reconnaissante à touts les martyrs qui ont été la raison pour moi de croire et d’être fier par mon appartenance) le Tunisie. Vous êtes ma source d’inspiration.

(À suivre certainement).

Par yoora - Publié dans : ma vie - Communauté : Là où je vis, là d'où je viens...
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 21:13

 

Forever me and Forever you by intano

Oui  j’ai peur du bonheur. C’est normal après avoir longtemps vécue dans le malheur. Issue d’une famille déchirée je n’ai jamais approuvé de la joie.

J’ai oublié ce que c’est être heureuse.

En fait, je n’ai droit qu’à un seul jour ou à vrai dire quelques instants de bonheur durant toute une année. Il s’agit du moment où on m’annonce que j’ai réussi mon année. Ne trouvant quoi faire ni avec qui partager cette joie et ca fait un  instant qui passe vite.

Mais le sentiment d’avoir peur du bonheur n’a commencé que depuis un bout de temps. Ça fait un mois déjà que j’ai commencé à avoir des moments de bonheur « inattendus » : des sorties avec des amis, aller au cinéma, rencontrer des gens que j’aime accompagner et avec qui je passe des instant inoubliables voire formidables.

Peut-être dites vous que c’est débile de penser que son joie réside en quelques instants passés avec des amis, une sortie au cinéma… Mais croyez moi, à comparer avec des mois voire des années passé j’ai longtemps vécu dans la solitude.

Ça fait au moins 7 mois que je n’ai pas sorti avec des amis à un endroit qui n’a rien à voir avec mes études.

Mais bon, peut-on dire que c’est du passé ? Ou s’agit-il seulement d’une joie passagère ?

Ce qui m’a choqué le plus, c’est que c’est la première fois que ma mère accepte le fait que je parte dans un voyage à la France ou en Turquie (j’ai à choisir) {comme mes parents sont séparés c’est ma mère avec qui je vie qui a le dernier  mot sur moi}.

Dés que je lui ai proposé l’idée elle a tout de suite accepté. J’ai été vraiment choquée et je n’ai plus cru mes oreilles.

Mon oncle (son frère) a aussi accepté de contribuer aux frais du voyage.

Mais bon, j’ai fini par renoncer à l’idée pour la seule raison que j’avais peur que cette joie me prive voire me vole une autre qui m’est plus chère.

Suis-je égoïste en vers moi ? Mais vous dites même qu’il s’agit là d’un esprit pessimiste qu’il faut éviter ?

C’est vrai.  Pessimiste est l’adjectif qui puisse le mieux me qualifier maintenant.

Ma seule peur est que si j’aurai toute cette joie, peut-être me prive-t-on de jouir du bonheur de ma réussite en terminal cette année.

Mes études sont tout le monde ou je puisse régner, alors si on me prive de ça je serai vraiment malheureuse.


 

Par yoora - Publié dans : journal
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 01:00

J'ai lu aujourd'hui un article publié dans le magazine "Psychologies" portant suer le thème de l'écriture autobiographique (p128)

On a posé la question suivante: "Pour quoi j'écris sur moi? "

Pour répondre à cette question, on a demandé leur avis à 3 auteurs.

La première est une blogueuse âgée de 40 ans qui a répondu: "m'exposer aux commentaires des autres m'aide".

Selon Emmanuel (écrivain de 52 ans) "Quand j'écris "je", je me sens à la bonne place"

Alors que pour Anne-Marie, une directrice éditoriale sexagénaire, l'écriture sur soi-même permet de prendre possession de son passé.

Moi même je me suis posé cette question. Pourquoi j'écris (le plus souvent)sur moi même ?

Je veux admettre que j'ai lu un jour un livre intitulé "Dhakerat Aljasad" (memoirs du corps) de l'écrivain Algérienne "Ahlem Mestghanmi".

Selon elle, écrire c'est tuer des gens que leur présence nous devenu un fardeau insupportable.

J'ai essayé d'écrire pour se libérer d'un amour mélancolique, un amour perdu. J'ai voulu oublier un homme et apprendre à vivre sans lui, bref de le "tuer".

J'ai "raconté" notre histoire c'est dire je l'ai écrit depuis plus de 5 ans déjà. Mais, je me suis trouvé avec des longs récits et texte qui ne parlent la plus part de temps que de lui. C'est dire me rappellent de lui.

J'ai eu peur de le perdre dans ma mémoire après l'avoir perdu dans ma vie.

"Écrire pour tuer des gens que leur présence est devenu un fardeau pour la notre vie"

Je me suis rendu compte que je n'ai fait que le garder: garder cet amour en mots.

Bon je dois assumer. Peut-être, que je l'ait oublié ou même un petit peu ma mémoire s'est fut sauvé de cette personne, mais jamais mon stylo, car il y est toujours présent.

Aujourd'hui, j'anime des pages entiers juste en parlant de lui alors pour quoi commettre ce crime.

Je ne l'ai pas tué mais j'ai transformé cette personne en mots.

Il n'y a qu'une seule chose qui puisse le tuer, c'est le moment où mes récits s'oublient ou que personne n'entend parler de lui, c'est seulement à ce moment là que cette personne sera morte. 

 

Par yoora - Publié dans : ma vie - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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