Le souvenir

Publié le par yoora

Je me souviens ................ mais de quoi? Ou mieux encore qu'est ce qu'on appelle souvenir ? Ces scènes gravées dans la mémoire d'une personne et combien ma mémoire est-elle capable d'en entasser.

Un bon ou un mauvais souvenir de quoi dois-je parler quel souvenir dois-je raconter ?

Celui de la fille qui a été un jour en moi, de l'amante qui a été oubliée ou de la femme qui vie en moi.

Une fille qui à l'âge de dix ans a été entravée de l'un de ses droits fondamentaux, le droit d'avoir une famille. Ce n'était pourtant pas la faute au destin, mais celle de ses parents. Des parents égotistes desquels la vertu a privé cette jeune fille de manger avec son père et son frère sur une même table. Je me souviens aujourd'hui que j’ai entendu ma mère dire qu'elle ne se laissera jamais être rabaissé voire mésestimer par un "homme" quel que soit le nombre des enfants qu'elle ait eu de lui. Je me souviens d'un père qui a jugé sur la tête de son père de : « lui laisser-sa mère-ni marié ni divorcée » mais qui du jour au lendemain a quitté la maison sans se gêner du moindre souci que cela aurait pu causer à sa fille qui est en train de passer son bac. Un jour qui a mis fin à une vingtaine d’années de mensonge et de tromperie.

Je me souviens et quel souvenir !!!

Je me demande pourquoi la personne du quelle je me souviens ne s’est jamais rappelée de moi. Un homme qui a occupé ma mémoire pour plus de sept ans et oui il était un amour d’adolescence mais de ses souvenirs je me suis nourrie pendant ces sept ans. J’étais consciente que rares sont les moments dans lesquels il s’est souvenu de moi d’ailleurs je me rappelle qu’il m’a téléphoné deux ou trois fois pendant ces sept ans. Quelque chose chez lui m’a toujours empêché d’aller voir ailleurs loin de son indifférence et au quelle je n’ai pas trouvé d’explication.

Une personne qui a trouvé dans la mémoire d’une relation paumée par le fait du temps un refuge pour une âme abimée par le fait de ses parents. Une personne qui s’est laissé perdre dans les illusions d’un amour fictif mais qui a prétendu toujours être une personne réelle.

Je me suis souvenue de lui et j’ai oublié que je suis après tout une femme qui n’est pas en mesure de continuer à caresser les chimères. « Si la vérité fait mal, alors vivons dans la douleur plutôt que dans les chimères. » Jean Dion a-t-il dit. Oui la vérité est que cet homme ne m’a jamais aimé mais ma mémoire a essayé de soigner une blessure que la réalité n’est pas arrivé à cicatriser.  

Aujourd’hui ma douleur est grande car pendant que je soigne ces blessures la douleur est un remède à la douleur puisque je suis emmenée à me rappeler de ces souvenirs.

Ce que je veux dire au final c’est qu’on a parfois si ce n’est pas le plus souvent une envie d’oublier ces souvenirs. Moi personnellement j’ai souhaité avoir un Alzheimer pour ne plus me rappeler du moindre détail mais effacer une vingtaine d’années parce que ce n’est pas « oublier » qui est difficile mais ces souvenirs sont plus difficiles. Penser que ces souvenirs n’ont jamais existé c’est encore la façon la plus louche pour se prendre en un être heureux. L’illusion seule est aisée. La           vérité est toujours difficile.

 Moi je ne suis pas arrivée à faire table rase de ma mémoire et si un jour je n’attraperai pas Alzheimer il m’aurait impossible de le faire. La mémoire il faut vivre avec. Les souvenirs il faut apprendre à cicatriser et ce n’est ni par des fantômes ni des mirages parce que si on croit qu’il est difficile de trouver son bonheur en soi il est impossible de le trouver ailleurs.

Publié dans ma vie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article